A l’origine de la crise grecque
L’élément déclencheur de la crise, c’est l’arrivée au pouvoir, en octobre 2009, du nouveau gouvernement dirigé par Georges Papandréou. Celui-ci dévoile l’état réel des finances publiques, révélant au grand jour les trucages réalisés par son prédécesseur avec l’aide supposée de Goldman Sachs. Le déficit public est non pas de 6% du PIB comme indiqué précédemment mais de presque 13% ! Et la dette s’élève à 113% du PIB là où les traités européens prévoient un plafond de 3% pour le déficit et de 60% pour la dette. Panique à bord !
Cette dette, dissimulée lors de l’entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001, est liée notamment à une économie souterraine très importante, réduisant les recettes fiscales et à une balance commerciale fortement déficitaire.
Les difficultés soulevées
Trouver de l’argent, et vite !
Pour rembourser ses créanciers et en premier lieu les banques françaises et allemandes, la Grèce doit trouver de l’argent, et vite ! 50 milliards d’euros d’ici la fin de l’année pour rembourser les 30 milliards de dettes arrivant à échéance, les 13 milliards d’intérêts et les 10 milliards de financement du déficit public. Conséquence directe de ce besoin inattendu de financements: les unes après les autres, les agences de notations baissent la note de la Grèce, les marchés s’affolent et les taux d’intérêt s’envolent.
Les marchés financiers
Un Etat de la zone euro peut-il faire faillite ?
Visiblement, beaucoup dans le petit milieu de la finance le pensent. Les taux d’intérêt demandés à la Grèce, censés représenter le niveau de risque du pays, sont particulièrement élevés, proches de ceux demandés au Vietnam pourtant non protégé par l’Europe !
Ajoutez à cela des spéculations sur les CDS - les assurances prises pour se garantir d’une faillite d’un Etat - et vous obtenez un cocktail explosif empêchant la Grèce de sortir la tête de l’eau et entrainant l’euro dans la tourmente.
La politique européenne
Pour faire redescendre les taux à des niveaux acceptables, les Etats européens ont donc décidé d’intervenir.
Mais très vite des tensions apparaissent. Les Allemands, bons élèves européens, n’ont pas envie de payer pour les dérives grecques. La solidarité européenne s’effrite. Merkel, à quelques semaines d’élections cruciales, ne veut pas faire de concession malgré les pressions de la BCE, de la France et de l’Eurogroupe. De plus, beaucoup d’Européens refusent d’en appeler au FMI, estimant que ce serait un aveu d’impuissance politique.
Les solutions mises en œuvre
Pour tenter de desserrer l’étau étouffant la Grèce, les Etats de l’UE ont fini par se mettre d’accord sur un plan de sauvetage. Le 25 mars, le Conseil européen a décidé de mettre en place une solution de prêts bilatéraux (ex: France-Grèce ou Allemagne-Grèce) couplée à une intervention minoritaire du FMI, permettant à la Grèce d’emprunter à un taux inférieur au taux du marché. Pour rassurer davantage les investisseurs, des précisions chiffrées ont été données un peu plus tard, indiquant le montant de l’aide consentie et sa répartition entre pays : 30 milliards d’euros pour la zone euro et 15 milliards pour le FMI. La France devrait ainsi prêter environ 6 milliards d’euros si le plan était mis en œuvre totalement. Chacun espérait que ce mécanisme n’aurait pas à être activé et que sa simple annonce suffirait à rassurer les marchés et donc à faire baisser les taux d’intérêt.
La situation ne s’améliorant pas et alors que la Grèce allait avoir besoin de lever 8 milliards d’euros à la mi-mai, le premier ministre Papandréou a finalement décidé d’activer le plan le 23 avril.
Sera-t-il suffisant pour rassurer les marchés à moyen terme ? Ou faudra-t-il, comme l’ont suggéré certains députés allemands, vendre des îles grecques pour assainir les finances publiques…?
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